À la Grande foire agricole du Congo (GFAC), le contraste est difficile à ne pas remarquer. Dans les pavillons, les producteurs congolais exposent légumes, tubercules, fruits, poissons d’eau douce, volailles et produits transformés issus de leurs exploitations. Mais à quelques mètres de là, dans plusieurs espaces de restauration, les menus proposés aux visiteurs reposent largement sur des produits surgelés ou importés, notamment des ailes et cuisses de poulet congelées ainsi que certains poissons.
Un paradoxe au cœur d’une foire consacrée à la production nationale
Cette situation pose une question de cohérence : une foire destinée à promouvoir l’agriculture congolaise ne devrait-elle pas également faire découvrir cette production dans les assiettes ? La restauration pourrait en effet constituer un prolongement naturel des stands d’exposition, en permettant aux visiteurs de goûter et de découvrir autrement les produits présentés par les producteurs.
L’enjeu dépasse la seule question du menu. En privilégiant les produits locaux, les restaurants présents sur le site pourraient créer des débouchés supplémentaires pour les agriculteurs et les éleveurs, soutenir les circuits courts et contribuer à la transformation des productions nationales. Une viande, un poisson, un légume ou un tubercule vendu au producteur constitue une première étape ; transformé en plat et vendu au consommateur, il entre dans une chaîne de valeur plus large.
Des contraintes réelles, mais une opportunité à saisir
Les restaurateurs peuvent naturellement être confrontés à plusieurs contraintes : disponibilité régulière des produits, coûts, conservation, approvisionnement ou capacité à répondre rapidement à une forte affluence. Ces réalités peuvent expliquer le recours à certains produits surgelés. Elles n’empêchent toutefois pas de réfléchir à une meilleure intégration des productions congolaises dans l’offre proposée aux visiteurs.
La GFAC pourrait ainsi aller plus loin en encourageant les établissements présents sur le site à consacrer une part importante de leurs menus aux produits issus des différents terroirs du Congo. Une telle démarche permettrait de faire de la restauration un véritable maillon de la chaîne de valorisation agricole.