Malgré des investissements croissants et des ambitions industrielles affirmées, le secteur manufacturier congolais reste confronté à un obstacle majeur : l’insuffisance de l’approvisionnement en électricité. Une réalité que les industriels ont de nouveau portée à l’attention du ministre Michel Djombo lors de sa récente visite de terrain dans plusieurs unités de production à Brazzaville.
Des unités industrielles dynamiques mais sous contraintes
Dans le cadre de ses missions de suivi et d’évaluation du tissu industriel, le ministre s’est rendu dans les usines Ragec, à Djiri (9ᵉ arrondissement), et Induco, à Madibou (8ᵉ arrondissement).
Sur place, le constat est globalement positif :
Ragec, spécialisée dans la production de boissons gazeuses et de chips, affiche une activité continue et une organisation structurée malgré certaines contraintes techniques. Induco, opérationnelle depuis 2021, emploie près de 700 travailleurs et produit une gamme variée de biens, notamment :
- des articles ménagers
- des chaussures en plastique
- des mousses
- des équipements électriques
Ces entreprises témoignent d’un réel potentiel industriel et d’une volonté de contribuer à la transformation économique du pays.
Une production limitée à 50 % des capacités
Derrière cette dynamique, un problème persistant freine considérablement leur performance : l’instabilité de l’électricité.
Les responsables des deux unités ont été clairs :
- leurs installations fonctionnent à seulement 50 % de leur capacité réelle,
- les coupures et irrégularités électriques perturbent la production,
- les coûts opérationnels augmentent en raison des solutions alternatives (groupes électrogènes, carburant, maintenance).
Cette situation impacte directement :
- la compétitivité des entreprises locales,
- leur capacité à répondre à la demande,
- et leur rentabilité globale.
Des ambitions industrielles pourtant solides
Malgré ces contraintes, les perspectives de développement restent importantes.
Le directeur général d’Induco, El Sahely Fouad, a notamment annoncé un projet structurant dans le domaine du recyclage des déchets.
Ce projet pourrait :
- générer entre 2 500 et 3 000 emplois,
- réduire les coûts de production,
- diminuer la dépendance aux importations,
- et s’inscrire dans une logique d’économie circulaire.
« Nous pouvons encore améliorer notre production grâce au recyclage », a-t-il expliqué, soulignant le potentiel inexploité du secteur.
L’énergie, clé de la transformation industrielle
Au-delà des cas spécifiques de Ragec et Induco, cette problématique illustre un défi structurel pour l’industrialisation du Congo.
Sans une énergie :
- stable,
- accessible,
- et compétitive,
les ambitions de diversification économique risquent de rester limitées.
L’électricité constitue en effet :
- un facteur déterminant de productivité,
- un levier d’attractivité pour les investisseurs,
- et un pilier du développement des zones économiques spéciales.
Un enjeu stratégique pour l’État
Face à ces constats, le ministre Michel Djombo a salué :
- la qualité des investissements réalisés,
- l’engagement des opérateurs économiques,
- et leur volonté d’expansion.
Mais cette reconnaissance s’accompagne d’un enjeu majeur pour les pouvoirs publics : apporter des solutions concrètes à la crise énergétique afin de libérer le potentiel industriel du pays.