Les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) se sont réunis, le 22 janvier à Brazzaville, à l’occasion d’un sommet extraordinaire consacré à l’évaluation de la situation économique, financière et monétaire de la sous-région. À l’ouverture des travaux, le président congolais Denis Sassou N’Guesso, président en exercice de la Conférence des chefs d’État, a exhorté ses pairs à un examen sans complaisance de l’état de l’union et à une accélération effective des réformes engagées de longue date.
Dans son allocution inaugurale, le chef de l’État congolais a salué les signaux macroéconomiques jugés encourageants, notamment une croissance régionale redevenue positive et une tendance à la baisse de l’inflation au sein de la zone CEMAC. Des avancées qui traduisent, selon lui, les efforts consentis ces dernières années par les États membres et les institutions communautaires.
Un environnement international de plus en plus contraignant
Toutefois, Denis Sassou N’Guesso a tenu à tempérer cet optimisme en rappelant que la sous-région évolue dans un contexte international instable, marqué par des crises géopolitiques, économiques et financières multiples. Ces chocs exogènes, a-t-il souligné, continuent de fragiliser les économies de la CEMAC, fortement dépendantes des matières premières et exposées aux fluctuations des marchés internationaux.
Face à ces vulnérabilités, le président en exercice a plaidé pour une lecture lucide et responsable de la situation, estimant que les progrès enregistrés demeurent fragiles tant que les réformes structurelles ne seront pas pleinement mises en œuvre.
Accélérer les réformes et restaurer la crédibilité régionale
Au cœur de son message, Denis Sassou N’Guesso a insisté sur l’urgence d’appliquer concrètement les réformes communautaires, notamment en matière de discipline budgétaire, de gouvernance économique, de diversification des économies et de renforcement de l’intégration régionale.
Il a également sollicité l’appui renouvelé des institutions financières internationales et des partenaires au développement, afin d’accompagner la CEMAC dans la consolidation de ses équilibres macroéconomiques et la mise en œuvre de politiques de transformation plus résilientes.
Un sommet décisif face au risque d’enlisement
Consacré à l’évaluation globale de la situation économique et financière de la sous-région, le sommet de Brazzaville est perçu par de nombreux observateurs comme un test de crédibilité pour la CEMAC. La question demeure : les six États membres — Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad — parviendront-ils à sortir de la léthargie et des retards structurels régulièrement dénoncés par les analystes économiques ?
Autour de la table, étaient présents les présidents Denis Sassou N’Guesso, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Faustin Archange Touadéra et Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que les émissaires des présidents Paul Biya et Mahamat Idriss Déby Itno. Le président de la Commission de la CEMAC, Balthazar Engonga Edjo’o, prenait également part aux travaux.
Des attentes fortes à l’issue du huis clos
À l’issue du discours d’ouverture, un huis clos a été décrété entre les chefs d’État et leurs délégations. Les décisions qui en sortiront sont attendues avec une attention particulière, tant par les marchés que par les partenaires techniques et financiers de la sous-région.
Au-delà des déclarations d’intention, ce sommet extraordinaire pourrait marquer un tournant stratégique pour la gouvernance économique et monétaire de l’Afrique centrale. Les annonces finales devraient donner la mesure de la volonté politique des dirigeants à renforcer la cohésion régionale, préserver la stabilité du franc CFA et engager la CEMAC sur une trajectoire de réformes crédibles et durables.