Le ministre du Développement industriel et de la Promotion du secteur privé, Antoine Thomas Nicéphore Fylla de Saint-Eudes, a rencontré le 14 janvier à Brazzaville une délégation d’Unicongo, le syndicat patronal, pour discuter des nouvelles mesures fiscales inscrites dans la loi de finances 2025. Cette rencontre visait à évaluer l’impact de ces dispositions sur l’économie nationale, l’emploi et le pouvoir d’achat des populations.
Les inquiétudes du secteur privé
Parmi les mesures les plus controversées figure l’augmentation des droits d’accises, qui, selon Michel Djombo, président-directeur général d’Unicongo, menace de déséquilibrer des industries clés comme le secteur des boissons.
- Impact sur les prix et les ménages : M. Djombo a mis en garde contre le lien direct entre cette nouvelle taxe et la hausse des prix à la consommation, ce qui accentuerait la pression économique sur les ménages déjà confrontés à une baisse de leurs revenus.
- Risque pour l’emploi et la rentabilité : Cette mesure pourrait affecter la rentabilité des entreprises, compromettant ainsi leur capacité à maintenir ou créer des emplois.
« Nous partageons l’objectif du gouvernement de préserver et développer l’emploi, mais cela nécessite des conditions fiscales favorables pour nos entreprises », a-t-il déclaré.
Une proposition de dialogue constructif
Unicongo a réaffirmé sa volonté de travailler en collaboration avec le gouvernement pour trouver des solutions équilibrées :
- Révision ou lissage des mesures fiscales : Le syndicat propose d’étaler dans le temps l’application de ces taxes ou de les ajuster pour limiter leur impact négatif.
- Dialogue public-privé renforcé : « Nous alertons sur les conséquences potentielles, mais nous restons disposés à dialoguer et à construire ensemble des solutions adaptées », a insisté M. Djombo.
Engagement du gouvernement
En réponse, le ministre Fylla de Saint-Eudes a proposé la tenue d’une réunion interministérielle présidée par le Premier ministre. L’objectif serait de :
- Analyser l’impact des nouvelles mesures fiscales sur l’économie.
- Identifier des alternatives pour concilier les besoins budgétaires de l’État avec la protection des secteurs industriels stratégiques.
Vers un équilibre fiscal et socio-économique
Cette concertation marque une étape importante dans la recherche d’un compromis entre les impératifs fiscaux et les défis économiques du pays. L’approche collaborative adoptée par le gouvernement et le secteur privé reflète une volonté partagée de soutenir l’économie nationale tout en limitant les effets négatifs des réformes fiscales.
Les conclusions de cette démarche seront cruciales pour déterminer si le Congo peut trouver un équilibre entre croissance économique, préservation de l’emploi, et satisfaction des besoins budgétaires.