Le Congo a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de la gouvernance forestière avec le lancement officiel, le 5 décembre à Brazzaville, du module de fiscalité du Système informatisé de vérification de la légalité du bois (SIVL). Cet outil digital permettra désormais au pays de suivre, en toute transparence, la traçabilité du bois depuis la forêt jusqu’à l’exportation, tout en assurant la sécurisation et l’optimisation des recettes fiscales du secteur.
Un dispositif numérique au service de la transparence et de la légalité
Le SIVL apporte une réponse opérationnelle à un enjeu majeur : garantir la légalité du bois congolais, depuis l’abattage jusqu’au départ hors du territoire national. Une fois le bois vendu et destiné à l’exportation, les entreprises doivent s’acquitter d’un ensemble de taxes. La digitalisation de tout ce processus permettra d’assurer un suivi rigoureux, fiable et infalsifiable des opérations financières associées.
Cet outil a été conçu pour répondre aux exigences internationales en matière d’exportation du bois, tout en améliorant l’efficacité de l’administration forestière et financière du pays.
Rosalie Matondo : une réforme pour valoriser la contribution réelle du secteur forestier
La ministre de l’Économie forestière, Rosalie Matondo, a rappelé l’importance stratégique de cette innovation pour l’économie nationale. Elle souligne une vision claire : renforcer la visibilité, la mesure et la valorisation de la contribution réelle du secteur forestier au budget de l’État.
Selon elle :
« Notre objectif étant clair, visibiliser, mesurer et valoriser la contribution réelle du secteur forestier au budget de l’État afin de soutenir les politiques publiques de notre pays. »
Sous son impulsion, le ministère poursuit une transformation ambitieuse visant à concilier gestion durable des ressources, bonne gouvernance et dynamisation de l’économie forestière, l’un des secteurs clés du Congo.
Christian Yoka : un levier majeur de modernisation de l’administration publique
Du côté du ministère de l’Économie et des Finances, Christian Yoka a salué l’entrée en vigueur du module fiscal du SIVL comme une avancée déterminante dans la modernisation de l’appareil public. Pour lui, cet outil dépasse largement le cadre d’une simple application technique.
Il précise :
« Le SIVL représente plus qu’une application, il est un véritable levier de modernisation de l’administration publique. Son interconnexion progressive avec les systèmes financiers nationaux permettra de suivre en temps réel les notifications de paiement, les taxes collectées et l’ensemble des flux financiers liés au secteur forestier. »
Le ministre insiste sur les gains structurels apportés : sécurisation des recettes de l’État, transparence renforcée des opérations et meilleure rationalisation de la dépense publique.
Autant d’éléments indispensables à la consolidation des finances publiques.
Une innovation technologique soutenue par l’Union européenne
Le SIVL bénéficie de l’appui technique de l’Union européenne, ce qui renforce sa crédibilité et son alignement avec les standards internationaux.
Les opérations d’identification reposent désormais sur des codes-barres et QR codes, garantissant l’authenticité du bois et réduisant drastiquement les risques de fraude ou de piratage lors de l’exportation.
Cette approche favorise non seulement la compétitivité du bois congolais sur les marchés internationaux, mais aussi la confiance des partenaires économiques.
Un pas décisif pour une gestion durable et une économie mieux sécurisée
Le lancement du module de fiscalité du SIVL marque une étape majeure dans la transformation numérique du secteur forestier et le renforcement de la gouvernance économique au Congo.
En alliant technologie, transparence et efficacité administrative, le gouvernement consolide un secteur stratégique pour l’économie nationale, tout en affirmant sa volonté de bâtir une filière forestière durable, compétitive et conforme aux standards internationaux.