Les ministres des pays membres de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) ont franchi une étape décisive vers l’opérationnalisation de la Banque africaine de l’énergie (AEB), lors de la 40e session extraordinaire du Conseil des ministres tenue le 3 avril. Cette réunion, présidée par le ministre congolais des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, a permis de finaliser les discussions autour du capital de la banque et de l’implantation de son siège, prévu au Nigeria.
Avec un capital initial d’environ 3 000 milliards FCFA, cette nouvelle institution panafricaine vise à combler le vide laissé par le retrait progressif des financements internationaux dans les énergies fossiles. Elle financera des projets pétroliers et gaziers portés par les pays africains producteurs, à un moment où le continent peine à attirer des investissements dans ce secteur stratégique.
« Il est essentiel de tenir rapidement les premières assemblées générales de la banque pour nommer les administrateurs, le Conseil d’administration et le directeur général », a déclaré le ministre congolais.
Il a également souligné que l’AEB s’inspirera du modèle d’Afreximbank, banque régionale basée au Caire, qui collabore activement au projet depuis ses débuts.
Un projet structurant pour l’indépendance énergétique de l’Afrique
Plusieurs États membres ont déjà confirmé leur participation au capital de la future banque, notamment le Nigeria, qui accueillera son siège, avec une contribution exceptionnelle de 100 millions de dollars, bien au-delà des 83,33 millions de dollars requis par pays. La décision finale sur l’implantation officielle du siège est attendue avant la fin du deuxième trimestre 2025.
Ce projet est perçu comme un levier essentiel pour la souveraineté énergétique du continent, en offrant une alternative africaine aux financements externes, tout en promouvant l’innovation et la durabilité dans le secteur de l’énergie.
Par ailleurs, le Conseil des ministres de l’Appo a également entamé les procédures pour le remplacement du secrétaire général sortant, dont le deuxième mandat arrive à son terme.