Le directeur général de Congo Telecom, Yves Castanou, a annoncé, le 23 décembre dernier, le rétablissement intégral de la convention collective de l’entreprise. Après près de vingt ans de réduction salariale consentie pour assurer la survie de l’opérateur historique, les droits du personnel sont désormais restaurés à 100 %. Une décision qui marque un tournant stratégique et social pour la société.
La fin d’un régime d’exception
Depuis 2006, Congo Telecom évoluait sous une convention collective appliquée à 55 % seulement : grille salariale réduite, primes ajustées à la baisse et indemnités minimales. Cette mesure exceptionnelle visait à préserver la viabilité de l’entreprise dans un contexte financier fragile. Durant deux décennies, les agents ont accepté ce sacrifice, renonçant à l’intégralité de leurs droits conventionnels pour maintenir l’opérateur à flot.
Lors de la réunion de bilan de fin d’exercice, le 23 décembre 2025, la direction générale a officialisé le retour à 100 % des droits conventionnels pour l’ensemble du personnel. Une annonce perçue comme la fin d’un long effort collectif.
Une décision inscrite dans le plan Transform
Ce rétablissement s’inscrit dans la dynamique du plan stratégique « Transform », lancé pour optimiser les investissements, rationaliser les coûts, renforcer les compétences internes, étendre la couverture réseau et améliorer l’offre commerciale. Pour la direction, la stabilité sociale constitue un pilier essentiel de cette transformation : aucun changement structurel durable ne peut s’opérer avec des équipes fragilisées ou démotivées.
Ces dernières années, plusieurs mesures ont été engagées pour consolider ce socle social. L’entreprise a apuré l’intégralité de sa dette sociale, supprimant un passif qui pesait sur le climat interne. Elle a instauré une couverture maladie auprès d’un assureur spécialisé, offrant une sécurité supplémentaire aux familles des agents. Par ailleurs, 95 % des effectifs ont été maintenus dans des postes formalisés et 76 % du programme de formation 2025 est déjà exécuté, traduisant un effort soutenu en matière de développement des compétences.
Un pari audacieux
Dans un contexte régional où nombre d’opérateurs prolongent les restrictions salariales pour préserver leurs équilibres financiers, Congo Telecom fait le choix inverse : miser sur la motivation et l’engagement de ses équipes pour soutenir la croissance. Un pari qui suppose une montée en puissance sur les marchés stratégiques et une amélioration tangible des performances commerciales.
L’annonce, saluée aussi bien en présentiel qu’en ligne, a été accueillie avec enthousiasme par les agents. Pour eux, cette décision marque la fin d’un sacrifice consenti pendant vingt ans.
Des défis toujours présents
Yves Castanou, à la tête de l’entreprise depuis avril 2020, a toutefois rappelé que la situation financière demeure fragile. La restauration des droits ne constitue pas un blanc-seing, mais s’inscrit dans une logique de responsabilité partagée. Les agents retrouvent leurs acquis conventionnels, en contrepartie d’un engagement accru en matière de performance.
La convention collective restaurée offre un cadre stabilisé, mais le véritable test résidera dans la capacité de l’opérateur à traduire cette dynamique sociale en résultats concrets : conquête de parts de marché, déploiement réussi de la 4G mobile et amélioration durable de la rentabilité. Pour l’heure, Congo Telecom affiche sa détermination à poursuivre sa transformation sans se détourner de ses objectifs stratégiques.