La deuxième édition des ateliers de formation des jeunes congolais sur les négociations climatiques internationales et la finance verte s’est tenue le 27 décembre à Brazzaville, marquant une nouvelle étape dans le renforcement des capacités de la jeunesse congolaise face aux enjeux climatiques mondiaux. L’objectif affiché est clair : outiller les jeunes pour qu’ils défendent, avec expertise et professionnalisme, les intérêts du Congo sur la scène internationale, tout en se positionnant sur des secteurs porteurs d’emplois et d’entrepreneuriat.
Organisée par la Coalition des associations des jeunes congolais œuvrant pour la protection de l’environnement, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de long terme visant à faire émerger une nouvelle génération de compétences locales capables d’intervenir dans les domaines stratégiques du climat, de la biodiversité et de la finance verte.
Une formation stratégique au croisement du climat et de l’économie
Les participants, issus notamment de l’association Mwasi-Green, du Mouvement des jeunes écologistes congolais (MJEC), du Réseau des journalistes de l’environnement et pour la promotion des peuples autochtones (RJEPPA), ainsi que d’autres organisations engagées, ont bénéficié d’un programme axé sur la compréhension des mécanismes des négociations climatiques, des politiques environnementales et des instruments de financement vert.
À travers des modules pratiques et théoriques, la formation a permis d’aborder des thématiques clés telles que la valorisation des forêts et de la biodiversité du Congo, les marchés carbone, la gouvernance climatique internationale et les nouvelles chaînes de valeur liées à l’économie verte.
Préparer la jeunesse aux métiers émergents du climat
Pour Espanich Motondo, initiateur du projet MJEC, l’enjeu dépasse largement la sensibilisation environnementale. Il s’agit de préparer la jeunesse congolaise à investir un secteur en pleine structuration économique.
« Le changement climatique n’est pas seulement une crise environnementale, c’est aussi un champ d’opportunités professionnelles. Nous voulons former des jeunes capables de comprendre les mécanismes climatiques internationaux et d’y trouver des débouchés concrets », a-t-il souligné, insistant sur le potentiel économique des politiques climatiques et de la finance verte.
Cette approche vise à positionner les jeunes comme des acteurs à part entière de la transition écologique, capables de contribuer à la création de valeur et à la défense des intérêts nationaux.
Climat, négociations et opportunités d’emploi
Au fil des échanges, les participants ont découvert que derrière les négociations climatiques internationales et les dispositifs de finance verte se cachent de réelles opportunités d’emplois et d’entrepreneuriat. Gestion de projets carbone, conseil environnemental, ingénierie climatique, analyse financière verte ou encore diplomatie climatique figurent parmi les perspectives évoquées.
« Avant cet atelier, je pensais que le climat se limitait à l’activisme. Aujourd’hui, j’ai compris qu’il existe de véritables carrières dans la négociation climatique, la finance verte ou la gestion de projets environnementaux », a témoigné Roxanne Vanessa Ndedi, étudiante en économie de l’environnement.
Former des négociateurs et des leaders d’influence
Au-delà des compétences techniques, la formation a permis aux jeunes de mieux appréhender les enjeux stratégiques liés au climat, à l’environnement et à la biodiversité, dans un contexte où le Congo cherche à valoriser son capital forestier et à peser davantage dans les négociations internationales.
Pour Boris Richinel Mboussa, écrivain et militant écologiste membre du MJEC, ces ateliers contribuent à élargir les horizons professionnels des jeunes tout en renforçant leur capacité d’analyse et de plaidoyer.
Un point de vue partagé par Hystorick Motondo, jeune congolais ayant pris part à la COP 30 de Belém, au Brésil, pour qui cette initiative va bien au-delà de la formation classique :
« Nous ne sommes pas ici seulement pour apprendre des concepts, mais pour nous préparer à négocier et à influencer les décisions qui concernent notre pays. »
Une jeunesse au cœur de la transition verte
À travers ces ateliers, la jeunesse congolaise s’affirme progressivement comme un acteur clé de la transition écologique et économique. En misant sur le développement des compétences locales, cette initiative contribue à positionner le climat et la finance verte non seulement comme des enjeux environnementaux, mais aussi comme des leviers de développement, d’emploi et d’influence internationale pour le Congo.