Lancé à Brazzaville par le FIGA et l’ONG PRATIC, le programme O-SEED accompagne une première cohorte d’étudiants-entrepreneurs et de jeunes porteurs de projets dans un parcours allant de la structuration de leur idée jusqu’à la préparation au financement. Après deux journées de formation et une phase de simulation, les candidats s’apprêtent désormais à franchir l’étape des auditions.
Faire le lien entre l’idée et l’entreprise
Le Fonds d’impulsion, de garantie et d’accompagnement (FIGA) et l’ONG PRATIC ont officiellement lancé, le 2 septembre 2026 à Brazzaville, la première cohorte du programme O-SEED – Student Entrepreneurship for Economic Development. Installé au sein de l’incubateur PUITS de l’Université Marien Ngouabi, le dispositif est destiné aux étudiants-entrepreneurs et jeunes porteurs de projets souhaitant transformer une idée en une activité structurée et viable.
L’ambition du programme est de répondre à une difficulté fréquemment rencontrée par les jeunes entrepreneurs : le passage entre une bonne idée et un véritable projet d’entreprise. O-SEED entend ainsi agir sur plusieurs maillons de cette chaîne, en combinant formation, coaching, mentorat, ateliers pratiques, mise en réseau et immersion dans l’univers entrepreneurial.
Pour le FIGA et PRATIC, l’enjeu ne consiste donc pas uniquement à former de jeunes porteurs de projets, mais à leur permettre de disposer progressivement des outils nécessaires pour comprendre leur marché, construire leur modèle économique, développer leur activité et, à terme, accéder aux mécanismes de financement.
Une première cohorte pensée comme une phase pilote
Pour cette première édition, le programme a retenu 50 jeunes présélectionnés, qui ont entamé un parcours de préparation avant une étape décisive : les auditions.
Le dispositif prévoit à terme la sélection de 20 projets à fort potentiel pour intégrer le parcours d’incubation. L’objectif affiché par le FIGA est ensuite de conduire 15 projets vers un financement formel, après l’instruction des dossiers et les décisions des organes compétents.
Cette distinction entre sélection, incubation et financement constitue l’un des éléments importants du programme. L’accès au financement n’est pas présenté comme le point de départ, mais comme l’aboutissement d’un processus de structuration destiné à rendre les projets plus solides et plus lisibles pour les partenaires financiers.
Le directeur général du FIGA, Day Allaire Branham Kintombo, résume cette approche en rappelant qu’un entrepreneur doit d’abord maîtriser son marché, répondre à un besoin réel et disposer d’un modèle économique viable. L’enjeu est donc de permettre aux porteurs de projets de disposer des outils de pilotage nécessaires avant même d’obtenir un éventuel financement.
De la formation à la préparation au pitch
La première phase du parcours a commencé dès le 3 septembre avec une journée de formation consacrée à la préparation des candidats. Les participants ont notamment travaillé sur la structuration de leurs idées, la présentation de leurs projets et la manière de défendre leur vision devant un jury.
Une deuxième journée de formation, organisée le 4 septembre, leur a permis d’aller plus loin dans la construction de leurs pitchs et dans la préparation de leurs arguments. Exercices pratiques, échanges et conseils ont rythmé cette phase de préparation.
Les thématiques abordées dans le cadre du programme couvrent notamment l’environnement entrepreneurial et réglementaire, la gestion financière, le marketing, la relation client, le développement commercial et le networking.
Une phase de simulation est ensuite venue compléter cette préparation afin de placer les candidats dans les conditions des auditions et de leur permettre d’ajuster leurs présentations avant le passage devant le jury.
Les auditions, prochaine étape du parcours
Après ces deux journées de formation et la simulation, les candidats O-SEED entrent désormais dans une nouvelle phase : les auditions.
Face à un jury d’experts, chacun devra présenter son projet, défendre son modèle, exposer sa vision et démontrer sa capacité à transformer son idée en une activité viable.
Cette étape doit permettre de départager les 50 jeunes présélectionnés et de déterminer les projets qui poursuivront l’aventure au sein du parcours d’incubation.
Les auditions seront diffusées en plusieurs épisodes sur les plateformes digitales du FIGA et de l’ONG PRATIC. Le premier épisode est annoncé pour le jeudi 10 septembre 2026, permettant au public de découvrir progressivement les projets présentés et les candidats en compétition pour intégrer la suite du programme.
L’université comme point de départ de l’entrepreneuriat
Au-delà de l’accompagnement individuel des porteurs de projets, O-SEED porte également une ambition plus large : renforcer le lien entre l’université, les compétences, l’entreprise et le financement.
Pour les initiateurs, l’université ne doit pas seulement être un lieu d’acquisition de connaissances. Elle peut également devenir un espace où ces connaissances se transforment en innovations, puis en entreprises capables de créer de la valeur et des emplois.
Le choix de l’incubateur PUITS de l’Université Marien Ngouabi s’inscrit dans cette logique. Le programme cherche ainsi à rapprocher les étudiants du monde professionnel et de l’écosystème entrepreneurial, tout en leur permettant de confronter progressivement leurs idées aux réalités du marché.
Le président de l’ONG PRATIC, Luc Missidimbazi, a également insisté sur la responsabilité qui accompagne cette première cohorte. Pour lui, les bénéficiaires devront faire preuve d’assiduité, de discipline et de volonté d’entreprendre afin de tirer pleinement profit du dispositif.
Former, structurer, puis faciliter l’accès au financement
La philosophie d’O-SEED repose finalement sur une séquence claire : l’idée, la structuration, l’incubation et, pour les projets les plus solides, le financement.
Cette approche part d’un constat : disposer d’une idée ou d’une compétence ne suffit pas nécessairement à créer une entreprise viable. Le porteur de projet doit également comprendre son environnement, identifier un besoin réel, construire une offre, maîtriser ses finances, développer sa capacité commerciale et être capable de présenter clairement son modèle économique.
La première cohorte permettra donc au FIGA et à PRATIC de tester et d’affiner le dispositif. Son déroulement doit également servir de base à de futures promotions et à une éventuelle extension du programme.
À court terme, l’attention se porte désormais sur les auditions. Sur les 50 jeunes présélectionnés, les prochains épisodes permettront de découvrir ceux qui parviendront à convaincre le jury et à poursuivre leur parcours au sein de l’incubation.
Avec O-SEED, l’enjeu ne se limite donc pas à faire émerger des idées. Il s’agit de créer les conditions pour que certaines d’entre elles deviennent des projets structurés, puis des entreprises capables de créer de la valeur et des emplois.