Le Sénat a tenu, le 7 août à Brazzaville, une séance de questions orales avec débat consacrée à plusieurs préoccupations qui touchent directement la population congolaise. Présidée par Pierre Ngolo, la séance a réuni une importante partie du gouvernement autour de questions portant notamment sur les pensions des retraités, l’approvisionnement en carburant, les difficultés d’accès à l’électricité et à l’eau, la délivrance des passeports, les recrutements dans la fonction publique ou encore la lutte contre la fraude administrative.
Des réponses attendues sur les retraites et les finances publiques
Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, a notamment été interpellé sur l’harmonisation de la valeur du point d’indice à 300 FCFA pour les retraités de la Caisse des retraités fonctionnaires. Il a rappelé que cette revendication fait l’objet de discussions avec les représentants des retraités, mais que sa mise en œuvre nécessiterait environ 2,7 milliards FCFA supplémentaires par mois, dans un contexte où le paiement régulier des pensions reste lui-même un défi.
La question de la publication de la loi de finances 2026 au Journal officiel a également été soulevée. Le chef du gouvernement a évoqué des contraintes techniques et logistiques et assuré que des dispositions seront prises afin que les prochaines lois de finances soient publiées dans les délais.
Carburant : la production nationale reste insuffisante
Les difficultés d’approvisionnement en produits pétroliers ont également occupé une place importante dans les échanges. Le ministre des Hydrocarbures, Stev Simplice Onanga, a expliqué que la production nationale ne couvre actuellement qu’environ 60 % des besoins en essence et en gasoil, les 40 % restants étant assurés par les importations.
Face à cette situation, le gouvernement mise notamment sur la transformation des fiouls en produits blancs et sur la construction d’une raffinerie-pétrochimie. Le ministre a par ailleurs annoncé un retour à l’équilibre de l’approvisionnement en gasoil dans les prochains jours.
Électricité et eau : des capacités à renforcer
Sur le front énergétique, le ministre Bruno Jean Richard Itoua a présenté les ambitions du gouvernement pour augmenter progressivement la production électrique. Celle-ci devrait atteindre 3 000 mégawatts en 2028, 5 000 mégawatts en 2030 et 10 000 mégawatts à l’horizon 2040, grâce notamment à la réhabilitation des infrastructures et à une implication accrue du secteur privé.
L’accès à l’eau demeure également un enjeu majeur. À Brazzaville, le taux de satisfaction des besoins est actuellement estimé à 41 %. La construction d’une nouvelle usine de traitement d’eau au Djoué figure parmi les projets destinés à améliorer cette situation.
Fonction publique et documents administratifs : accélérer la digitalisation
La séance a aussi permis de revenir sur les attroupements observés en juillet devant le ministère de la Fonction publique. Pierre Mabiala a précisé qu’ils ne correspondaient pas à une campagne officielle de recrutement, mais que les 32 000 dossiers déposés seront néanmoins classés et conservés afin d’être pris en compte lors de futures campagnes, selon les procédures en vigueur.
La lutte contre la fraude administrative a également été évoquée, notamment concernant les documents d’état civil et les passeports. Le gouvernement prévoit de poursuivre la digitalisation des documents et de renforcer les mécanismes de contrôle. Pour les passeports, un premier lot de 25 000 documents est annoncé pour septembre, sur les 100 000 prévus.
Des préoccupations qui dépassent les seuls grands secteurs
Les sénateurs ont enfin abordé plusieurs autres sujets, parmi lesquels le coût des billets d’avion vers la Likouala, le commerce en ligne, l’accompagnement des acteurs agro-pastoraux, l’exécution du Plan national de développement, l’exploitation minière, les déchets électroniques ou encore la relance de la Société des postes et de l’épargne du Congo.
À travers cette séance, le Sénat a ainsi offert un espace de confrontation directe entre les préoccupations exprimées par les représentants des populations et les réponses du gouvernement. Une démarche qui permet également de mesurer les difficultés persistantes, mais aussi les réformes et investissements envisagés pour y répondre.