À l’occasion de la célébration de ses 70 ans, le 10 juillet à Brazzaville, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a présenté sa vision pour renforcer durablement le système de protection sociale au Congo. Devant la ministre des Affaires sociales, de la Solidarité et de l’Action humanitaire, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, le directeur général de la CNSS, Evariste Ondongo, a dévoilé une stratégie articulée autour de quatre grands axes, avec l’ambition de rapprocher le régime congolais des standards internationaux.
Étendre la couverture sociale à davantage de travailleurs
Le premier défi identifié concerne l’élargissement de la protection sociale. Aujourd’hui, le régime de la CNSS couvre essentiellement les salariés et ne concerne que 10 à 15 % de la population active.
Pour inverser cette tendance, la direction entend ouvrir progressivement le système à d’autres catégories socioprofessionnelles afin d’élargir l’assiette des cotisants et de renforcer les ressources de la caisse.
Renforcer l’action sociale par des centres médico-sociaux
La CNSS prévoit également de développer son action sociale à travers la création de centres médico-sociaux destinés à la prise en charge des assurés.
L’objectif est de réduire le recours aux évacuations sanitaires, dont le coût demeure élevé pour la caisse, tout en améliorant l’accès aux soins pour les bénéficiaires.
Accélérer la transformation numérique
La digitalisation constitue le troisième pilier de cette stratégie. La CNSS souhaite moderniser ses services en permettant aux assurés et aux employeurs d’effectuer en ligne les principales opérations, notamment le paiement des cotisations et des prestations sociales.
À terme, ces démarches devront pouvoir être réalisées directement depuis un téléphone mobile, afin de simplifier les procédures et d’améliorer la qualité des services.
Lutter contre la fraude pour préserver les ressources
La transformation numérique répond également à un enjeu majeur : la lutte contre la fraude.
Selon Evariste Ondongo, plusieurs dysfonctionnements continuent de fragiliser la gestion de la caisse, notamment les sous-déclarations de salariés par certains employeurs, les usurpations d’identité ou encore les irrégularités liées au suivi des bénéficiaires décédés.
« La CNSS est actuellement gangrénée par la fraude qui limite sa gestion. (…) Si toutes les opérations de paiement et de recouvrement se font en ligne, nous allons régler le problème », a déclaré le directeur général.
Une institution qui veut consolider son autonomie
Créée en 1956, la CNSS compte aujourd’hui sept directions centrales, dix directions départementales et sept agences réparties sur le territoire national.
L’institution recense 58 907 employeurs cotisants pour 333 334 travailleurs déclarés. Chaque année, elle verse près de 91 milliards de FCFA de prestations au profit des retraités, des veuves, des orphelins et des travailleurs victimes d’accidents, pour un coût de prestations évalué à 81 milliards de FCFA.
Afin de renforcer sa pérennité financière, la CNSS poursuit également une politique de diversification de ses revenus à travers des investissements sur les marchés financiers et dans l’immobilier, avec l’objectif de réduire progressivement sa dépendance aux seules cotisations sociales.