La construction d’un espace aérien communautaire sûr et performant s’impose désormais comme une priorité pour les États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac). Réunis à Brazzaville, les responsables de l’aviation civile de la sous-région examinent les leviers nécessaires au renforcement de la gouvernance, de l’harmonisation réglementaire et de l’expertise technique.
Une session stratégique à Brazzaville
Ces réflexions s’inscrivent dans le cadre de la 10e session ordinaire du Comité de direction de l’Agence de supervision de la sécurité aérienne en Afrique centrale (Assa-Ac), qui se tient les 23 et 24 juin dans la capitale congolaise.
Au cours de cette rencontre, les participants se penchent sur plusieurs dossiers majeurs, notamment :
- la gouvernance de l’agence
- l’exécution de ses programmes d’activités
- le déploiement des projets régionaux
- le renforcement des capacités des administrations nationales
Cette session s’inscrit dans une dynamique globale visant à bâtir un système d’aviation civile plus structuré et plus performant à l’échelle communautaire.
Une harmonisation réglementaire en consolidation
Les travaux interviennent dans un contexte marqué par la poursuite de l’harmonisation réglementaire engagée depuis plusieurs années. Depuis la publication des règlements de base en 2024, l’Assa-Ac poursuit la mise à jour du dispositif communautaire.
Ce processus intègre à la fois :
- les évolutions des normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI)
- les contributions des États membres
Selon le directeur général de l’Assa-Ac, Eugène Apombi, cette session constitue « une étape majeure dans le processus de consolidation de l’action commune en faveur d’une aviation civile sûre, efficace et conforme aux normes internationales ».
Le renforcement des compétences au cœur des priorités
Parallèlement à l’harmonisation des règles, l’agence met un accent particulier sur le développement des compétences.
Le plan de formation d’urgence, mis en place sur recommandation du Comité des ministres, a déjà permis de former 236 apprenants issus des autorités de l’aviation civile et des opérateurs du secteur, à travers douze sessions sur les quinze programmées.
Dans cette même dynamique, l’Assa-Ac prévoit :
- d’intensifier la vulgarisation des textes communautaires
- de produire des documents adaptés aux langues de travail
- d’organiser des formations complémentaires
- de créer des cadres d’échanges d’expériences entre acteurs
Un atelier régional consacré à la sécurité aérienne est également annoncé à Brazzaville du 10 au 14 août prochain.
Une gouvernance tournée vers l’efficacité
Les échanges portent également sur les questions administratives, financières et techniques, ainsi que sur les perspectives de développement de l’agence.
Pour Florent Serge Dzota, président du Comité de direction et directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile du Congo, les progrès enregistrés traduisent l’engagement des États membres en faveur d’un système de supervision plus performant.
Il souligne que les recommandations issues des travaux serviront de base aux décisions stratégiques qui seront soumises au Comité des ministres.
Vers un espace aérien plus intégré
Au-delà des discussions techniques, cette session traduit une volonté affirmée des États membres de faire de l’aviation civile un instrument d’intégration régionale.
En plaçant la sécurité aérienne au cœur de leur démarche, les pays de la Cémac entendent poser les bases d’un espace communautaire plus cohérent, mieux connecté et durablement performant.