C’est une réforme majeure qui s’annonce dans la gestion financière publique au Congo. La Direction générale du portefeuille public (DGPP) et l’Ordre national des experts comptables du Congo (Onec-C) s’apprêtent à formaliser un partenariat stratégique visant à lutter contre l’exercice illégal de la profession comptable, un phénomène qui fragilise la gouvernance des entreprises publiques.
Cette annonce a été faite le 13 mai à Brazzaville par le président de l’Onec-C, Brice Voltaire Etou-Obambi, à l’issue d’une rencontre avec la directrice générale de la DGPP, Karine Emma N’Guesso Mouandé.
Une riposte contre les comptables non agréés
Au cœur de cette initiative, une problématique bien identifiée : la prolifération d’agents comptables exerçant sans agrément officiel. Une situation jugée préoccupante au regard des normes de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), qui encadrent strictement l’exercice de la profession.
« Ne peuvent intervenir dans les entités du portefeuille public que des experts-comptables inscrits à l’Ordre », a rappelé le président de l’Onec-C, soulignant la nécessité de rétablir l’ordre dans un secteur clé pour la crédibilité financière de l’État.
Ce partenariat vise ainsi à :
- identifier et encadrer les pratiques irrégulières,
- renforcer les mécanismes de contrôle et d’audit,
- garantir la fiabilité des informations financières produites par les entreprises publiques.
Vers une meilleure gouvernance des entreprises publiques
Au-delà de la lutte contre l’illégalité, la collaboration entre la DGPP et l’Onec-C ambitionne d’améliorer en profondeur la gestion des entreprises du portefeuille public.
Parmi les axes de travail envisagés :
- le diagnostic et la fiabilisation des comptes,
- l’accompagnement des processus de restructuration et de redressement,
- le renforcement des dispositifs de contrôle interne et de gouvernance.
L’objectif est clair : instaurer un environnement financier plus transparent, plus crédible et aligné sur les standards internationaux.
Une profession en voie de structuration internationale
Cette dynamique s’inscrit également dans une volonté plus large de structuration de la profession comptable au Congo. L’Onec-C travaille notamment à son adhésion à la Fédération internationale des experts-comptables, un pas décisif vers l’harmonisation avec les meilleures pratiques mondiales.
Pour intégrer l’Ordre, les exigences sont strictes : diplôme d’expertise comptable ou équivalent, parcours validé et agrément délivré au niveau de la CEMAC. Un processus rigoureux qui vise à garantir la compétence et l’éthique des professionnels.
Un enjeu stratégique pour l’économie
Dans un contexte de modernisation de l’action publique et de recherche de performance économique, cette initiative apparaît comme un levier essentiel. Une comptabilité fiable et encadrée est en effet indispensable pour :
- rassurer les investisseurs,
- améliorer la gestion des ressources publiques,
- renforcer la crédibilité financière de l’État.
En s’attaquant à l’informel dans ce secteur, les autorités posent les bases d’une gouvernance plus rigoureuse, indispensable au développement économique du pays.