La pisciculture s’impose progressivement comme un levier stratégique de diversification économique au Congo. À Pointe-Noire, le 30 avril, la société Perenco Congo, à travers sa filiale Congorep, a dressé le bilan de la première phase (2023-2026) de son programme de développement de la filière piscicole dans le département du Kouilou. Résultat : plus de 422 pisciculteurs formés, dans un contexte où le secteur faisait face à de fortes contraintes structurelles.
Lancée après une phase d’étude en 2022, cette initiative visait à répondre à plusieurs défis majeurs : accès limité aux intrants, manque de compétences techniques et difficultés de financement. Trois ans plus tard, les résultats obtenus témoignent d’une transformation tangible de la filière, avec des impacts directs sur la production et les revenus locaux.
Des performances en forte progression
Les chiffres illustrent clairement l’efficacité du programme. Selon Grégoire De Courcelles, la productivité des fermes piscicoles a été multipliée par dix, tandis que la production globale a triplé. La production d’alevins, élément clé de la chaîne de valeur, a quant à elle été multipliée par cinq.
Cette progression repose sur un accompagnement technique soutenu : près de 1 000 visites de terrain, plus de 150 sessions de formation et plus de 1 300 personnes encadrées. Résultat, environ 70 % des exploitations actives ont adopté de nouvelles méthodes de production, plus performantes et mieux maîtrisées.
Formation et accompagnement : les clés du succès
Au cœur de cette transformation, la montée en compétences des pisciculteurs. Le projet, mené avec l’appui technique de l’IECD et de la COFAD, a permis de structurer les pratiques et d’améliorer la gestion des exploitations.
Au-delà de la production, l’initiative vise également à renforcer l’autonomie des acteurs locaux. L’accent est mis sur la gestion, l’organisation des activités et l’adaptation aux exigences du marché, dans un contexte où la demande en protéines animales est en forte croissance.
Un levier pour l’économie locale et la sécurité alimentaire
Inscrit dans une démarche de responsabilité sociétale (RSE), ce programme répond à un double enjeu : réduire la dépendance aux importations de poisson et stimuler l’économie locale. En développant la pisciculture, Perenco/Congorep contribue à structurer une filière capable de créer de la valeur et des emplois.
Les bénéficiaires saluent d’ailleurs un projet qui dépasse le cadre technique. Il constitue une véritable opportunité d’entrepreneuriat local, permettant d’améliorer les revenus tout en répondant à un besoin essentiel du marché.
Cap sur une montée en puissance de la filière
Fort de ces résultats, le projet entre dans une deuxième phase, avec l’ambition de changer d’échelle. L’objectif est de consolider les acquis, renforcer les débouchés commerciaux et étendre progressivement le modèle à d’autres zones du pays.
À terme, cette dynamique pourrait faire de la pisciculture un secteur structurant de l’économie congolaise, capable de générer de l’emploi, d’attirer des investissements et de contribuer durablement à la sécurité alimentaire.