Le 7 janvier, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault, a officiellement lancé la deuxième phase du projet Biodev 2030 à Brazzaville. Ce projet, doté de 10 millions d’euros (dont 400 000 euros spécifiquement alloués au Congo), vise à intégrer la biodiversité dans les pratiques productives à travers des mécanismes innovants comme les certificats biodiversité et les paiements pour services environnementaux.
Objectifs du projet
Biodev 2030, mis en œuvre par l’UICN, le WWF, et coordonné par Expertise France avec le soutien financier de l’Agence française de développement (AFD), s’inscrit dans une démarche expérimentale en matière de biodiversité. Il concerne 15 pays pilotes, y compris le Congo, et vise à :
- Promouvoir une vision commune pour transformer les pratiques économiques dans des secteurs clés comme l’agriculture, les mines, et l’exploitation forestière.
- Soutenir l’institutionnalisation d’un comité consultatif national pour la biodiversité.
- Faciliter un dialogue multi-acteurs sur le financement durable et la gouvernance environnementale.
Bilan de la phase 1 et avancées de la phase 2
Clotilde Ngomba, coordonnatrice nationale du WWF-Congo, a indiqué que la première phase (clôturée en 2022) a permis d’identifier les principales menaces sur les ressources naturelles et les opportunités pour leur gestion durable dans les secteurs agricoles et miniers. La deuxième phase s’appuiera sur ces acquis pour :
- Élaborer un plan de travail conjoint.
- Mettre en place une plateforme nationale de coordination pour les actions en faveur de la biodiversité.
- Explorer des territoires pilotes pour expérimenter des solutions concrètes.
Importance pour le Congo
Le Congo, avec ses 145 000 à 165 000 km² de tourbières et ses 14 aires protégées couvrant 13,6 % du territoire national, joue un rôle central dans la préservation de la biodiversité mondiale. Arlette Soudan-Nonault a rappelé l’urgence d’agir face aux pertes de biodiversité : « Le rapport planète vivant 2022 du WWF relève une baisse dévastatrice de 69 % de la population d’animaux vertébrés sauvages en moins de 50 ans. »
Engagements internationaux
La ministre a souligné l’importance de l’accord de Kunming-Montréal (adopté en 2022 lors de la COP 15), qui met l’accent sur l’intégration de la biodiversité dans tous les secteurs économiques. Les actions menées dans le cadre de Biodev 2030 s’alignent sur les objectifs de cet accord, notamment les cibles visant à adopter des pratiques durables et à mobiliser des ressources financières pour la préservation de la nature.
Perspectives
Le projet vise également à valoriser ses résultats lors d’événements internationaux comme la COP et le Congrès mondial de l’UICN en 2025, dans le but d’attirer de nouveaux bailleurs de fonds et d’étendre ses approches à d’autres pays. Cette initiative s’inscrit dans une volonté globale de renforcer la gouvernance environnementale et de promouvoir des solutions durables pour préserver la biodiversité.